A la galerie Mille Feuilles La Marsa -
Exposition de
Vito Carta
L'image réinventée...
Depuis le samedi 10 février, la galerie
Mille Feuilles abrite une exposition photos
signée Vito Carta. A travers son objectif,
l'artiste offre une nouvelle vision du monde
où tout est reconsidéré et transformé...
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Ce qui capte l'attention, dans cette exposition,
c'est le contraste imminent que l'on note entre
certaines photographies et d'autres. En effet, une
première série attire par la présence de couleurs
vives. En pastiche, elles emplissent la feuille,
recouvrent corps et espaces. D'autres n'admettent
qu'une teinte : le gris. On pourrait considérer
cette série comme étant des monochromes si ce n'est
la lueur, la silhouette qui vient habiter la couleur,
lui donnant ainsi un relief, lui conférant une
certaine animation.
En considérant de près les clichés colorés, on
constate que le corps est mis au centre de la
représentation. Nus ou habillés, les personnages,
pour la plupart femmes, semblent lier les différents
plans de la composition. Souvent de dos, prises dans
un brouillard ou décapitées, les silhouettes gardent
une part d'anonymat. Vito Carta joue avec les
personnages et l'espace et déjoue la platitude et le
figement. Dotées d'un dynamisme inhérent, ses
photographies tourbillonnent, interpellent l'œil. Le
ciel et la terre se trouvent mêlés, l'homme et son
environnement, naturel ou urbain, se confondent.
L'artiste redistribue les rôles et réinvente les
rapports.
Ainsi, à travers une sensibilité et une vision assez
originale, Vito Carta déconstruit le monde et
reconstruit l'espace, il dilue les icônes de la
civilisation et rend hommage au corps. Derrière son
objectif, une nouvelle dimension est donnée à tout
ce qui nous est familier, à tout ce qui est commun.
L'homme et la nature, l'homme et la ville sont
représentés dans ce rapport conflictuel où l'humain
tend à s'affirmer, à être « la mesure de toute chose
», l'omniprésence de son corps représente le lien
inextricable qui donne sens à toute forme de
création. D'une photographie à l'autre le visiteur
sera bercé, mais souvent dérangé par certaines
visions. Si le corps rassure et ancre la
représentation dans la réalité, le chemin qui se
déploie devant les yeux du promeneur serait emprunté
par la silhouette, une porte serait alors ouverte
vers un ailleurs, un ailleurs inconnu, promesse
d'une nouvelle rencontre, d'une nouvelle recréation...
Raouf
MEDELGI
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